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Dossier : L'enfant roi
La contribution parentale et l'enfant roi

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Ce diagnostic est éminemment fréquent en situation thérapeutique lorsque des mères recherchent de l’aide en vertu de problèmes de comportements chez leur enfant. J’ai récemment rencontré une patiente divorcée qui partageait cette intimité symbiotique avec sa fille de 10 ans qui adore caresser les seins de sa mère qui accueille favorablement ce type d’intimité au coucher dans une satisfaction fort probable et malheureusement inconsciente de ses propres besoins de tendresse. Nonobstant des variations significatives dans la panoplie de toutes ces réactions générées par l’éclatement des familles, on voit que la séparation des couples est un facteur de prime importance dans la mise en place de tout une pléthore de contextes éducatifs favorables à la culture de l’enfant roi et ce, dans les deux familles dont dispose maintenant l’enfant.

Un autre facteur éducatif propice au développement de ce profil apparaît lorsqu'un enfant unique bénéficie de l’attention exclusive de ses parents unis; comme le taux de natalité demeure dramatiquement bas au Québec, soit environ 1,2 enfants par famille chez le québécois de souche (statistique semblable pour la France), cette situation étale une fréquence élevée. En plus de ne point disposer d’une fratrie qui pourrait lui permettre l’apprentissage des premiers éléments de la socialisation au travers l'apprentissage du sens du partage, de la frustration, du report de la satisfaction de ses besoins et de l’empathie, il devient ce petit prince ou cette petite princesse que l’on gave d’attention et d’affection, sans oublier l’abondance matérielle dont il bénéficie généralement. Dès les premiers temps de sa scolarisation, on observe fréquemment des difficultés liées au fait de devoir subir le partage de l’attention de l’enseignant, de sorte que des réactions d'anxiété ou de déviance voient le jour selon que l'on s'adresse à un enfant roi anxieux ou dominateur.

Un autre facteur, à la dynamique toutefois un peu plus complexe mais non moins fréquente, apparaît chez ces jeunes mères adolescentes qui agissent de façon à ¨se faire faire¨ un enfant afin d’avoir quelqu’un à aimer et surtout, quelqu’un de qui être enfin aimée. L’analyse indique une utilisation égocentrique et égoïste de l’enfant pour combler leur propre carence affective, de sorte que l’enfant évolue dans une espèce d’enveloppe hermétique, pavant la voie à des difficultés majeures aux plans du développement de l’affectivité et parfois de l’identité sexuelle, qui s’ajoutent à la perturbation affective déjà en route de l’enfant roi.

Au point ultime, ces mères refusent de partager cet enfant qui demeure leur possession exclusive, de sorte qu’on retrouve dès les premières années de vie la présence d’une insécurité déjà chronique chez lui, liée à une difficulté pathologique à se détacher de la mère, renforcée par l’absence d’un conjoint qui pourrait autrement agir de façon à séparer les deux membres de ce couple. Au plan de l’identité sexuelle, une telle relation de fusion constitue toujours une hypothèse significative dans une explication possible de facteurs contributifs à l’apparition de l’homosexualité et même de la pédophilie, particulièrement dans ce dernier cas si les comportements de la mère se nourrissent en plus d’un besoin de domination. Mon expérience carcérale avec ce dernier type de déviance m’a en effet conduit à observer le rôle majeur joué par cette relation éminemment toxique entre la mère dominante et son fils dont le développement vers la maturation de la personnalité et de la vie affective devient carrément bloqué, voire anéanti dans certains cas.

L’apparition de ces jeunes mères à la dynamique propice au développement d’un enfant roi connaît une incidence assez élevée si l’on considère non seulement le fort taux d’éclatement des familles mais également l’agression, l’abus et la violence que subissent de plus en plus d’enfants. L’analyse du passé de ces jeunes filles indiquent effectivement et la plupart du temps qu’elles ont été victimes de telles conditions de développement, auxquelles s’ajoute souvent l’inceste; la fréquence élevée de ces dernières trouve sa confirmation dans la réalité de l’engorgement des services de la protection de la jeunesse, alors que des enfants en grave danger de développement continuent de demeurer dans leur famille d'origine et d’y subir une dynamique destructrice de leur personnalité, faute de ressources en placement. Incidemment, plusieurs éducateurs oeuvrant dans ces milieux fermés de rééducation soulignent spontanément que près de quatre enfants sur dix affichent maintenant une problématique d’enfant roi alors qu’auparavant, seuls les enfants victimes de répression et en pleine rébellion, se retrouvaient dans de tels centres pour le règlement de leurs difficultés de comportement.
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