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Dossier : la dépendance affective
Origines et définition de la dépendance affective

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L’état initial du développement

La nature a prévu des étapes bien précises pour le développement de l’enfance à la maturité. Il revient bien sûr à la famille, et plus particulièrement aux parents, d’agir d’une façon qui permette à l’enfant de franchir avec succès chacune d’elles pour accéder en bout de piste à une gestion de vie caractérisée par l’accession à son identité et par un processus décisionnel respectueux des exigences de l’autodétermination.

Les multiples perturbations caractérisant certaines dynamiques familiales amènent toutefois le développement à dévier de cette trajectoire. Devant la dysfonction familiale, l’enfant n’a en effet d’autres choix que la mise en place d’une façon de s’adapter qui devra tenir compte des caractéristiques de cette dysfonction et qui sera malheureusement maintenue dans la gestion de sa vie adulte. La meilleure façon de circonscrire les origines et la nature de la dépendance affective consiste donc à cerner en premier lieu les conditions initiales de notre départ dans la vie puis d’examiner la nature ainsi que les conséquences de cette adaptation en présence de la dysfonction familiale. Fondamentalement, tel que vous le verrez, les origines de la dépendance affective remontent à une parfaite inversion des conditions prévues pour l’accession à l’identité au point où, au plan théorique, ces deux concepts sont parfaitement opposés.

L’examen des conditions caractérisant l’état initial dans lequel nous abordons la vie indique que nous naissons tous dans un état absolu de dépendance. Nous dépendons en effet de nos parents pour notre survie, pour la satisfaction de la totalité de nos besoins et pour franchir avec succès les différentes étapes de notre croissance vers notre autonomie, vers notre capacité de gérer éventuellement seul notre destinée. Sans eux ou sans adultes qui s’occupent de nous, nous sommes définitivement voués à la mort dans les heures qui suivent notre naissance.

Non seulement la dépendance définit-elle notre état initial mais elle situe en outre les grands paramètres de ce que seront nos relations avec les autres pour la vie entière : nous dépendrons toujours d’un autre que soi pour être aimés et nous reproduire. La dépendance n’est donc pas, dans son essence, une calamité et une perturbation de la personnalité : elle est une donnée incontournable de la vie, de ses origines et de toute son organisation. Le problème du dépendant affectif ne réside donc pas dans la dépendance comme telle mais bien dans son utilisation.

Cet état de dépendance possède deux corollaires : l’impuissance et la vulnérabilité. Nous ne disposons en effet d’aucun moyen de défense pour nous prémunir contre ce qui provient de l’extérieur, pour éviter ou pour éliminer ce dont nous pourrions être les victimes. En ce sens, nous n’avons d’autres choix que de « subir » les conditions de croissance instaurées par nos parents et qui découlent de la gestion de leur pouvoir absolu sur nous. C’est ainsi que l’impuissance et la vulnérabilité contribuent elles aussi à l’établissement de l’état initial dans lequel nous démarrons dans la vie, en même temps qu’elles nous confinent à toute absence de pouvoir sur les autres, de quelque nature que ce soit.

À cet état initial de dépendance, d’impuissance et de vulnérabilité absolues correspondent toutefois et simultanément le pouvoir et la liberté d’être. Cette opposition dépendance – liberté découle d’une des lois gouvernant l’Univers et à laquelle nous sommes tous invariablement soumis, celle de la dichotomie. Cette loi signifie non seulement que tout ce qui existe est en mouvement de sa naissance vers son extinction mais que tout est organisé autour des opposés absolus : la nuit s’oppose au jour, la mâle à la femelle, la naissance à la mort, l’inconscience à la conscience et ainsi de suite. C’est pourquoi, en vertu de cette loi, nous naissons à la fois dépendants et libres, à la fois impuissants et détenteurs d’un pouvoir.
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