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Dossier : la dépendance affective.
Les 6 caractéristiques psychodynamiques de la dépendance affective.

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2) Gestion infantile des affects et de l’expression émotive

     J’utilise le mot « infantile » pour la description de cette seconde caractéristique afin de mettre en évidence la connotation négative et perturbée de la gestion de l’affectivité chez le dépendant affectif. En effet, parvenu à l’âge adulte, il affiche maintenant un comportement entièrement calqué sur celui qui définissait sa conduite dans l’enfance.

     Il faut tout d’abord retenir que la vie affective comporte deux volets : ce qui est ressenti, les affects, et ce qui est exprimé, les émotions. Dans l’enfance, il existe une parfaite correspondance entre ce qui est ressenti et ce qui est exprimé : ce qui est exprimé traduit parfaitement à ce qui est ressenti. Mais lorsque la dysfonction familiale vient briser cette harmonie psychodynamique, ce qui est ressenti devient alors réprimé, maintenu à l’intérieur de soi, pendant que ce qui est exprimé vise l’objectif d’atténuer, sinon d’éliminer la présence d’affects insupportables risquant de générer de la peur, de la souffrance. L’enfant qui n’ose plus exprimer sa véritable pensée ou ses véritables affects par crainte de subir l’agression verbale ou physique d’un parent en est un exemple : il agit de façon à taire l’expression de sa personne par crainte de subir l’envahissement de sensations de crainte et de douleur que pourraient provoquer l’agression parentale. En taisant l’expression de ce qu’il ressent et, plus tard, de ce qu’il pense, il inverse les conditions initiales de sa naissance : le pouvoir et la liberté d’être s’estompent pour laisser place à la peur d’être soi puis à une négation de soi qui aura tôt fait de diluer sa véritable personnalité.

     En retenant que le dépendant affectif a maintenu une conduite nourrie par la peur de ressentir à l’aube de sa vie adulte, la « gestion infantile des affects et de l’expression émotive » devient la seconde caractéristique psychodynamique de la dépendance affective parce que la personne maintient une façon de gérer ce qu’elle ressent et ce qu’elle exprime identique à celle qui a été érigée durant sa croissance. En d’autres mots, les comportements de survie développés dans l’enfance et qui servaient de rempart de protection contre la peur et contre la douleur générée par la dysfonction familiale ont été maintenus dans la gestion de la vie affective à l’âge adulte. Pour cette raison, le dépendant affectif est un enfant dans un cops adulte et présente donc un décalage qui va grandissant avec sa maturation chronologique, compte tenu que la façon infantile avec laquelle il poursuit la gestion de sa vie affective s’éloigne de plus en plus de celle avec laquelle il devrait normalement le faire.


3) Relations parentales avec autrui

     Cette 3e caractéristique découle bien sûr de la précédente. Lorsque le dépendant affectif maintient à l’âge adulte des comportements de survie développés dans l’enfance, non seulement gère-t-il son affectivité de façon infantile mais les autres sont maintenant considérés comme des « parents » potentiels de qui il attend la même nourriture affective ou de qui il craint les mêmes réactions de nature agressive.

     Par exemple, toute personne qui, dans son enfance, a vécu des expériences d’abandon et de rejet et qui, dans ses décisions, maintient une conduite visant à se rassurer à tous les instants que jamais plus elle ne vivra à nouveau de telles sensations agit avec les autres de la même façon qu’elle le faisait avec ses parents. Cette troisième caractéristique de même que la précédente permettent ici de saisir les pleines dimensions de l’enfant dans un corps adulte chez le dépendant affectif.

     Le délinquant présente lui aussi cette caractéristique. Révolté contre toute autorité, il étale un fonctionnement identique à celui qui le caractérisait devant l’abus de pouvoir parental : la révolte. Les personnes faisant office d’autorité sont donc perçus comme des parents qui veulent le priver de sa liberté d’être et qui veulent abuser de lui, qui veulent encore commander sa conduite ; comme la colère chez le délinquant a supplanté la souffrance, c’est avec un entêtement constant qu’il s’oppose à tout ce qui lui est demandé parce qu’il confond « demande » et « commande ». Le délinquant ou le soumis sont donc toutes deux des personnes aux prises avec la dynamique de la dépendance affective puisqu’elles nourrissent le même objectif : les deux recherchent l’amour, l’approbation, la valorisation, la reconnaissance, en même temps qu’elles cherchent l’évitement de sensations douloureuses, mais avec un mode d’action opposé chez chacun : la pulsion agressive gère la conduite chez le délinquant alors que chez la personne soumise, cette pulsion est réprimée.
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